Invitation 2015

Ni haut ni bas, juste de l’équilibre.

Cette manière de faire tient davantage de la sculpture comme j’ai déjà pu l’indiquer. Elle tourne et retourne le matériau dans ses mains. Ses yeux roulent aussi autour de la forme. Elle inquiète la surface puisque, dès qu’un côté semble cohérent, il faut (le) retourner vite. C’est une sorte de ruban de Moebius qui vient, à chaque fois, perturber l’inachèvement. C’est encore du détournement en quelque sorte de la pesanteur terrestre qu’il s’agit. C’est donc l’évocation d’un autre espace que celui que nous fréquentons habituellement.
L’effet de distanciation qui apparait lorsqu’on regarde les objets (matérialités différentes mais lisses) produit un paradoxe puisqu’il fait retour sur cette vision que je signalais plus haut : manipulation continue, retournement, inversion. Recherche d’équilibre sûrement mais qui ne se nourrit pas seulement de la composition que nous connaissons si bien, celle de la frontalité, non, ici se joue un travers, un inattendu qui produit l’équilibre en toutes ses parois, du dedans vers l’extérieur, de l’arrière vers l’avant. C’est ce que l’artiste appelle un sursaut, un au-delà du saut qui permet de re-partir, de re-lancer, de re-construire.